Un battement de cils et Le monde s’ouvre tout en chaleur, tout en joie d’exister. Les absolus se parent des couleurs pures affranchies de tout complexe de réalité.
Rouge, bleue, verte, ou encore jaune, La toile irradie :
Le soleil dés autres origines d’Horéa a été enfermé dans L’espace carré ou rectangulaire qu’elle perçoit comme un paysage conceptuel : un « Paysage-Limit ».
Limite? Illimité. Un paysage qui se place à la lisière de deux mondes, le vu et le ressenti, pour en assurer la transition.
Le châssis qu’elle aime construire de ses mains, démiurge de son univers, devient une ouverture, fidèle définition du paysage, étendue d’un pays donnée à contempler au regard - entendez la perception. Elle concentre les émotions dans les limites d’un cadre, dans lequel se place parfois une autre fenêtre, héritée d’un voyage précédent, arrachée.
Elle affectionne particulièrement trois formats : le carré, qui symbolise pour elle la Terre, le totem, qui dans sa verticalité évoque celle des arbres - le lien entre la Terre et le Ciel -, et la ligne d’horizon, l’essence même du paysage, la zone frontière entre le haut et le bas.
Eve, est son autre sujet de prédilection, et elle évolue aussi bien dans les formats verticaux que carrés ; elle symbolise pour l’artiste l’incarnation du vivant en rapport avec le décor que peuvent être les « paysages Limit ».
Quand elle crée, elle s’empare de la couleur de manière aléatoire, subordonnant son choix à l’élan de l’esprit, rapidement suivi par la main.
L’artiste se laisse posséder par la pulsion qui naît et s’enchaînent les mouvements, danse démentielle chorégraphiée par la passion de vivre un instant physique: la concrétisation d’un cri de liberté.
Et lorsque la toile devient belle, séduisante, un rituel de destruction abolit la facilité. Elle ponce la surface, l’agresse, ajoute de la matière, cire d’abeille (la nature) ou colle en empâtement, arrache les morceaux qui parlent à son coeur et les insère dans d’autres tableaux : il n’existe pas d’oeuvre d’Horéa qui soit une, elles sont toutes La communion de plusieurs et en manque les unes des autres, soeurs liées par un lien que seul l’artiste connaît. Il reste à l’observateur l’imagination pour recréer le vide laissé à dessein.
Et la couleur... bien sûr la couleur est importante, mais comme le vêtement d’une femme, elle est la parure qui met en valeur son corps. Si elle touche toujours l’oeil, c’est pour que la main caresse mieux la matière. La lumière l’exalte et quand l’obscurité absorbe l’illusion, il reste la plénitude du sensible. Il faut ouvrir les paupières et se laisser brûler les yeux par l’intensité des bleus, la vitalité des jaunes ou encore la séduction cruelle des rouges. Il faut répondre à l’attirance dangereuse et amoureuse du noir, accepter la cécité, pour mieux comprendre.